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L’œil se caractérise par sa puissance, qui est liée à la distance à laquelle on peut voir net. Pour qu’un objet observé soit net, son image doit se former exactement sur la rétine.
L’œil emmétrope est la référence, son défaut est nul, il a donc besoin de 0.00 dioptries de correction pour voir net de loin et ne porte ni lunettes ni lentilles de contact. Les yeux sont extrêmement rarement emmétropes, sauf après des opérations dont le but est justement de les rendre emmétropes; voici donc les noms de leurs défauts, appelés « amétropies ».
Un œil hypermétrope (ou hyperope) est un œil dont la puissance au repos est insuffisante pour que l’image d’un objet éloigné se forme nette sur la rétine. Il faut donc augmenter sa puissance pour qu’il puisse voir de loin. Ceci peut se faire de deux manières :
1) Le cristallin est une lentille déformable dont la puissance peut augmenter ; ce phénomène s’appelle l’accommodation. En accommodant, un œil hypermétrope fait un effort (il n’est plus au repos) qui augmente sa puissance et peut donc arriver à obtenir le bon rapport puissance/distance pour voir net de loin ;
2) Le port de lunettes (ou de lentilles de contact) ayant une puissance positive permet d’ajouter à la puissance de l’œil la puissance des verres de lunettes (ou des lentilles) et d’obtenir ainsi le rapport puissance/distance pour voir net de loin.
> Exemple de prescription pour une personne hypermétrope :
OD : +2.50
OG : +3.00
Les deux yeux pouvant avoir des puissances différentes.
Un œil myope est un œil dont la puissance au repos est trop importante pour que l’image d’un objet éloigné se forme sur la rétine. Le cristallin ne pouvant qu’augmenter en puissance par rapport à sa puissance au repos, il n’y a pas d’effort possible à l’œil myope pour voir net de loin. La seule solution pour une personne myope est de porter des lentilles ou des lunettes ayant une puissance négative, qui se soustraira à la puissance de l’œil pour obtenir le bon rapport puissance/distance pour voir net de loin.
Exemple de prescription pour une personne myope :
OD : -3.75
OG : -3.25
Aux deux principaux défauts ci-dessus peut s’ajouter un défaut supplémentaire : l’astigmatisme. Ce défaut correspond à une irrégularité de la courbure de la cornée (en général) ou du cristallin (plus rarement) qui fait qu’au lieu de ressembler à un ballon de football, ceux-ci ressemblent au flanc d’un ballon de rugby (pas à la pointe bien sûr). Un œil astigmate ne pourra jamais voir parfaitement net, quelle que soit la distance. Il faut donc porter des verres de lunettes dits toriques, qui auront deux puissances différentes dans le même verre, correspondant à l’irrégularité de courbure de son cristallin ou de sa cornée.
Exemples de prescription pour une personne astigmate :
1) OD : +2.50 (+1.25) 90°
OG : +3.00 (+0.75) 85°
Les nombres entre parenthèses indiquent la valeur de l’astigmatisme. Le dernier nombre, en degrés, indique l’orientation de l’astigmatisme (le ballon de rugby peut être couché sur le côté, debout sur la pointe, ou incliné). Deux écritures sont possibles : avec un signe + ou un signe – entre les parenthèses. Ainsi la prescription ci-dessus peut également s’écrire :
OD : +3.75 (-1.25) 180°
OG : +3.75 (-0.75) 175°
Cette personne étant à la fois hypermétrope et astigmate.
2) OD : -4.50 (+2.00) 35°
OG : -3.75 (+1.25) 65°
Qui peut également s’écrire :
OD : -2.50 (-2.00) 125°
OG : -2.50 (-1.25) 155°
Cette personne étant à la base myope.
La presbytie n’est pas à proprement parler une amétropie. C’est un phénomène normal de l’évolution des capacités visuelles, qui diminue avec le temps comme toutes les capacités humaines. Elle se caractérise par la difficulté ou l’incapacité à voir net de près (plus près que 30cm au début, puis progressivement plus près que 40cm, puis plus près que 60cm, etc) pour une personne qui voit parfaitement net de loin. Elle ne se définit donc qu’à partir du moment où la personne tente de lire un texte proche alors qu’elle porte ses lunettes ou ses lentilles « corrigeant » (le terme exact est « compensant », mais « corrigeant » est utilisé en langage courant) sa vision de loin.
Le cristallin devient de moins en moins souple avec le temps, et donc sa capacité à se déformer et à faire varier sa puissance diminue. Arrive un moment où il n’est plus capable de fournir l’effort nécessaire à la vision nette de près. « L’apparition » de la presbytie survient en général entre 40 et 45 ans.
Le cristallin n’étant plus capable d’augmenter sa puissance pour s’adapter à la vision de près (un objet à distance plus courte nécessite une puissance de l’œil plus grande), il faut l’aider en ajoutant de la puissance pour la vision de près : c’est l’addition. Celle-ci est exprimée sans signe mais elle est bien sûr positive, et se calcule comme la différence entre la valeur de l’aide à apporter à l’œil pour qu’il puisse voir net au loin et la valeur de l’aide à apporter à l’œil pour qu’il puisse voir net de près. Elle est la même pour les deux yeux, les capacités accommodatives évoluant normalement de concert sur les deux yeux, et sa valeur varie en général de 0.50 à 3.50 en fonction de celles-ci.
Exemples de prescription pour une personne presbyte :
1) OD : -4.00 Add 2.00
OG : -3.50 Add 2.00
Cette personne étant à la base myope.
2) OD : +2.50 (+0.75) 15° Add 1.75
OG : +2.25 (+0.50) 75° Add 1.75
Ce qui peut également s’écrire, pour cette personne à la base hypermétrope et astigmate :
OD : +3.25 (-0.75) 105° Add 1.75
OG : +2.75 (-0.50) 165° Add 1.75
L’hypermétropie, la myopie, l’astigmatisme et la presbytie sont les principaux défauts oculaires que des lunettes ou des lentilles peuvent compenser. Il y a ensuite un certain nombre de pathologies qui peuvent avoir un impact sur la vue, mais on passe alors dans le domaine médical relevant de l’ophtalmologiste.